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Dans un contexte de révolution des modes de travail, Solutimo fait profession d’optimiser et de refondre la stratégie immobilière des entreprises. Laurence Dumas, sa présidente, détaille les tendances à l’œuvre et dépeint ses solutions.

Décideurs. Pourriez-vous décrire votre offre ?

Laurence Dumas. Solutimo accompagne la transformation des entreprises par les leviers de l’immobilier à l’occasion d’un déménagement, d’une renégociation de bail, d’une réduction de surfaces, d’une refonte des espaces, d’une fusion… Avec un aréopage d’experts indépendants, architectes, bureaux d’études, aménageurs, distributeurs de mobilier, économiste de la construction, nous sommes en mesure de proposer un accompagnement à 360°. Nous organisons, créons des poches d’économies, réinvestissons dans des projets a forte création de valeur pour le cœur de métier. L’entreprise moderne et innovante du XXIe siècle doit intégrer des critères multiples : une flexibilité maitrisée, une adaptabilité des besoins, un nomadisme ou encore un environnement propice à la motivation. Il n’y a pas de modèle unique : attractivité, design, acoustique, luminosité, bureaux réversibles voire ancrage de l’entreprise dans un quartier agréable. L’entreprise est en perpétuelle évolution tout en maîtrisant et donnant le cap à ses collaborateurs. Nous sommes passés d’une ère statique à une ère dynamique et ce dynamisme apporte beaucoup à l’entreprise en matière d’échanges, d’implication, d’interactions. Nous sommes là pour les accompagner.

Comment se matérialise votre accompagnement ?

Notre travail aux côtés d’Amplitude Studios, filiale de Sega, illustre assez bien notre action. Lorsque je les ai rencontrés, Dorli Sanson Architecte d’intérieur en aménagement tertiaire qui était en contact avec eux faisait face à une problématique : leur développement avait souffert d’un défaut de structuration. J’ai identifié deux sites, ils ont sélectionné le plus onéreux malgré le contexte incertain. Dans un cadre concurrentiel fort, ils ont fait le pari d’un emplacement privilégié et bien desservi dans le douzième arrondissement, disposant d’une dimension servicielle importante. Nous leur avons proposé un accompagnement signature évidemment, mais aussi sur l’ensemble de leurs problématiques, y compris sur l’optimisation des coûts de restitution de leur ancien site et jusqu’à la matérialité de leur projet avec SEREM qui nous a accompagnés sur le mobilier, l’agencement sur mesure et l’ambiance générale grâce aux éléments de décoration.

Quel est l’impact du paramètre politique sur votre offre, notamment du décret tertiaire ?

Le décret tertiaire et ses obligations de réduction de la consommation d’énergie vient rebattre les cartes de la relation bailleur-occupant, et peut remettre en cause l’occupation d’un lieu si l’immeuble est trop ancien. Pour rappel, il contraint occupant et bailleur à réduire de 40 % leur consommation énergétique d’ici à 2030. Pour ce faire, plusieurs leviers sont actionnables : l’enveloppe du bâti, les équipements primaires (climatisation, chauffage), les outils de gestion du bâtiment et l’exploitation globale de l’immeuble. Cet impératif nécessite la mise en œuvre d’un nouvel équilibre entre le preneur et le bailleur, notamment dans l’affectation des coûts. En outre, cette obligation va pousser certains utilisateurs à faire des arbitrages, à déménager pour des immeubles plus vertueux. Nous les assistons sur ces négociations et sur les perspectives.

“Je pars du principe qu’il n’y a pas de vérité unique, d’où la nécessité d’un accompagnement adapté”

Quelles sont les conséquences de l’accélération des nouveaux usages de travail (flexibilité, digitalisation) sur votre activité ?

La période est fascinante mais il n’existe pas de consensus sur le mode opératoire. Il nous faut donc partir de la page blanche pour chaque cas, ce qui prend du temps et cela a un effet très structurant pour l’entreprise. La mise en place du télétravail a complètement libéré les salariés de cette obligation du présentiel. Cela revêt un côté très positif parce que cela les met dans une dynamique plus intéressante, un rapport vie privée et professionnelle équilibré mais il faut maîtriser la relation avec l’entreprise. Aujourd’hui, aucune ne réagit de la même façon : le lieu de travail n’est plus qu’un lieu de rencontre. D’autres ont du mal notamment pour des questions de management ou d’outils de gestion à distance. Par ailleurs, le contexte contraint chacun d’avancer à son rythme, sans pérennité. Cela crée un peu d’inertie, les prises de décision sont plus compliquées, on assiste à plus d’attentisme. Je pars du principe qu’il n’y a pas de vérité unique, d’où la nécessité d’un accompagnement adapté. Nous avons assisté à un phénomène similaire à l’époque de la massification de l’open-space. Intuitivement, on s’attendait à une contraction des volumes, elle n’a pourtant pas eu lieu du fait du besoin de salles réunion, de box individuels, de services.  On est un peu dans le même registre avec un besoin de flexibilité plus important. Le parc de bureaux apparaît assez obsolescent, ce bouleversement va permettre son amélioration qualitative sans contraction quantitative.

Les nouveaux modes de travail sont-ils devenus un prérequis en matière de rétention des talents et d’attractivité de l’entreprise ?

Très certainement, ces nouveaux modes et organisations agiles correspondent aux talents que recherchent les entreprises. Mais au-delà de ce prérequis, la dynamique permet d’aller à l’essentiel et de donner un vrai sens au travail et à l’organisation. Indéniablement, on vient dans l’entreprise trouver autre chose que ce que l’on a chez soi. Si l’entreprise ne s’adapte pas à ces nouveaux modes de travail ce sera effectivement un frein au recrutement ainsi qu’un obstacle dans la rétention de talents. C’est aussi révélateur de ce qu’est l’entreprise, en matière d’image et de fonctionnement.

Propos recueillis par Alban Castres